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Le 24 mars dernier, Archipel, le festival des musiques d'aujourd'hui, proposait à un concert mettant en scène la communication supposément difficile entre le piano et le violoncelle.

C'est apparemment une histoire d'impossible communication: le piano et le violoncelle ne seraient pas faits pour s'accorder. Ils sont réunis ici sur une même sonate, ou plutôt une anti-sonate. Celle que leur a consacré Bernd Alois Zimmermann en 1967 et intitulée Intercommunicazione.

Sur scène, le musicien belge Arne Deforce au violoncelle grand amateur des oeuvres dites "impossibles à exécuter" et le Japonais Yutaka Oya au piano vont donc jouer à chien et chat. Mais on constate que si ces deux instruments là n'étaient a priori pas faits pour s'entendre, c'est peut-être précisément parce qu'ils partagent les même traits de caractères. Les sons s'entremêlent et parfois même se confondent, mais chacun tente de s'émanciper de l'autre.

En deuxième partie, la projection de la pièce filmée Not I de Samuel Beckett poursuit cette même idée mais renversée. A l'écran, une bouche, celle de l'actrice américaine Julianne Moore, prononce un monologue, ou plutôt loghorrée scindée en deux. La bouche entre en effet en dialogue avec elle-même dans un jeu de dédoublement. Une bouche qui s'émancipe du corps et devient un personnage à part entière, nommé d'ailleurs "Bouche". Le texte lui tente de s'extirper de la bouche et le moi se dénie, comme le suggère le titre de la pièce. C'est ici un moi morcelé auquel on est confronté, une unité qui s'effrite; l'intercommunication semble impossible, même de soi à soi.

Enfin dans la dernière partie, Arne Deforce et Yutaka Oya interprètent une oeuvre de Richard Barrett, présent lui-même afin de projeter le son. Dans Nacht und Träume, composé en 2008, Barrett s'inspire d'un Lied de Schubert et interprète à sa manière la thématique abordée par Intercommunicazione et Not I. Mais par le biais cette fois de l'électronique, des liens semblent se créer entre les deux instruments. Parfois même, les rôles s'intervertissent, le piano se mue en violoncelle, le violoncelle tente de se faire passer pour piano. Ainsi parti d'une communication supposément impossible, le parcours semble donc finalement plutôt aboutir sur une réconciliation. Démontrant que la communication entre violoncelle et piano n'était pas vouée à l'impossibilité, mais pouvait encore être réinventée, en s'ouvrant sur de nouvelles perspectives.

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Concert de clotûre du festival Archipel 2012

Il y a quelque chose d'étrange à venir assister à ce concert de cloture de cette édition 2012 d'Archipel, en effet j'ai eu l'impression de rentrer dans un cercle d'initiés  à certaines valeurs musicales qui il y bien dix ans en arrière m'étaient fermées.
Je ne pouvais que me rappeler l'incrayable  crise de fou rire quand à mon imcompréhension face à un concert de Contrechamps où l'on m'avait invité, et au cours duquel j'avais dû sortir. Ici, que nenni, peut-être mon oreille s'est-elle faite aux sonorité dissonantes des intruments classiques, ou simplement ai-je surmonté mon imbécilité.

En commencant par une série de pièces écrites par klaus Huber, présent dans la salle, la production de l'esemble Contrechamps a su alterner moment intistes dédiés à des êtres chers perdus, ou en hommage au style mozartien tout en subtilité, qu'ils soient à deux, seuls ou encore en ensemble complet. La dextérité des musiciens m'a laissé bouche bée à chaque fois que les notes  se sont mises à s'envoler. Et l'on pouvait sentir une certaine tension, palapble dans les gestes ou dans les regards adressés au premier maître d'oeuvre qui ne se fera pas prier à chaque fois pour remercier les interprèstes de ses pièces. Ces trois pièces, bien que courtes, m'ont semblé tellement fortes dans leur jeu et leur interprétation, que le temps m'a semblé se ralentir le temps d'un instant, on se prète à se focaliser sur un musician ou un soprane, à discerner le va-et-vient de leur partition, et oui finalement le temps semble plus long parce que plus intéressant.

Les dernières pièces, plus longues, abordent une musicalité plus complexe que les précédentes mais tout aussi fascinantes. L'antipénultième, de Ludovic Thirvaudey puise son insipration dans le tableau de Jérome Bosch: Le Jardin des délices. Divisé en 3 parties, comme le tryptique, on est tout d'abord emmenés tout tranquillement dans des harmonies douces et chaleureuses, tirant de gauche à droite, presque dissonantes mais cohérentes, le second accélère dans un flamboiement de sons, explosants de toutes parts faisant la part belle à l^'ensemble de violons mis en avant par Conbtrechamps, et enfin le troisième, annonce la fin, le glas de l'humanité, arrivée aux Enfers, où les bois et vents s'acharnent contre toute attente face à l'inéluctable fatalité du tableau.

Finalement, la dernière pièce de Michael Jarrell, commandée par Contrechamps apporte son sens à ce que lôn nommerait la réinterpréation: un texte du poète espagnol Gongora s'en fut joué quatre fois, accompagné d'une mezzo-soprane coréenne impressionante de versatilité dans son jeu vocal, allant de la parole au chant "scatté" oserais-je dire, 3 langues differentes, quatre interprétations d'un texte baroque aux accents naturels perdus dnas la foret où la nature reprend son droit sur l'homme.

Convergences était nommée cette soirée de concerts du 1er avril 2012, elle amenait un point d'honneur à près de 20 ans d'existence à un festival qui ne se veut pas forcément défricheur mais propagateur de ces musiques d'aujourd'hui. Si comme je l'ai dit plus haut, on a l'ipression de rentrer dans un cercle d'initiés, ce n'est pas parce qu'ils sont fermés aux autres mais plutôt parce qu'ils professent leur ouverture si spontanément que l'on pourrait se demander si il n'y a pas anguille sous roche. Je m'amuse a terminer ces lignes parce qu'à regarder la personne que j'étais à s'enfuir sous les assauts de la musique contemporaine il ya de cela quelque temps, je saisis que le parcours qu'ensuivit la musique qui régit mon âme est devenue bien plus ouverte au cours du temps, de concerts en concerts, de rencontres et de discussions. Vivement l'année à venir.

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Corps Étrangers: Patchwork Performances à la White Box du Grütli

Ce dimanche j'ai assisté à la performance tenue à la White Box du Grütli.

On y est accueillis par par deux installations vidéos aux couleurs sombres et intriguantes. On y discerne des ambulances, des flammes, des accidents, un fracas visuel que les jeux de lumièresau-travers de la typographie troublent pour le lecteur. Deux textes, l'un relatant l'expulsion d'un clandestin par les forces de police, l'autre retracant l'explosion qui a conduit un soldat à perdre son ouie et la parole.
(J'ai appris plus tard, qu'il sagissait d'une installation de Caroline Bergvall)

Dans cette soirée divisée en cinq parties, les acteurs vont alterner leur paroles comme des musiciens échangeraient leur partition en cours d'éxecution.
La premiere performance voit Caroline Bergvall, Vincent Barras et Jacques Demierre articuler des sons qui au cours de leur lecture à trois voix, vont annoncer le vol du mot composé par l'acteur précédent. Sans s'attarder sur le sujet-même du texte.

Le duo Barras-Demierre enchaine ensuite sur une performance bruitée qui reproduit le schéma précédent ou les deux performeurs propulsent des onomatopées constantes qui une fois arrivées à la fin du soufle de l'un est récupéré par le suivant et ce, pendant près de 10 minutes. Tout autant, leurs voix, le souffle et un rythme soutenu permettent aux deux performers de rester cohérents et en aucun cas rébarbatifs dans leur action.

S'ensuit une partie que l'on pourrait nommer d'orchestrée, en effet c'est sous la conduite d'un des perfomers précedants que l'ensemble de l'Encyclopédie de la parole vient interpréter une pièce sonore de textes.
Le chef d'orchestre donne et reprend les mots soufflés et parlés par les interprètes. Divisés en couples, chacunes de leur voix appuie le texte de sussurations, de bruitages et d'onomatopées. Il est assez fascinant de voir ces acteurs jouer un texte comme un ensemble de musique contemporaine, mais le plus souvent on se perd à apprécier la performance plus que le texte lui-même. Si vous veniez a me demander de quoi il s'agissait, je ne saurais plus le dire.

La pièce suivante voit tous les performers attablés, à boire et à articuler des débuts de phrases, à entamer des conversations sans les aboutir, comme dans un temps en suspens. On se serait cru dans un interlude, à la "En attendant Godot" si je puis me permettre. Un partie que peut-être certains auraient qualifiés d'obsolète mais qui prend tellement de sens quand on considère tous les mots perdus dans des discussions "small talk".

La dernière performance réitère le schéma de la tierce, toutefois en changeant de disposition les acteurs, et ponctue, si cela était encore nécessaire un soirée riche en expériences. Dans son entièreté, la soirée s'est révélée plus qu'intéressante, elle permettait de découvrir un art "parlé" qui reste d'un certaine manière encore discret. Il ne tient qu'au public d'aller chercher ce genre d'évènement, voire même d'aller chercher la discussion avec les artistes ( ce que votre serviteur n'a pas fait, mea culpa) pour mieux saisir la portée de la performance.

 

WWW.ARCHIPEL.ORG

 

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