Des gens qui se poussent dans une foule qui n’a rien à envier au samedi soir du Paléo, les images de l’ouverture de Disney Adventures World, ont fait le tour du web. Il faut dire qu’il y avait de quoi être enthousiaste pour les fans du parc américain. Cela fait déjà huit ans que la Walt Disney Company a annoncé un plan de relance à 2 milliards d’euros pour sauver le parc du marasme.
Cette extension double la surface du parc avec un lac artificiel, une allée de style victorien, des jardins anglais, un nouveau spectacle pyrotechnique, un nouveau restaurant, une attraction de type « tasses tournantes » inspirée de Raiponce et surtout une zone dédiée à La Reine des Neiges. Les concepteurs ont recréé le bourg d’Arendelle, permettant aux visiteurs de marcher dans le château royal, de faire une balade en bateau dans les scènes du film et d’admirer le château de glace d’Elsa, qui surplombe le land. Disney profite de cette ouverture pour changer le nom du parc. Adieu Walt Disney Studios, bienvenue à Disney Adventures World. Le parc tourne ainsi la page d’un parc souvent critiqué pour sa petite taille, son manque de thématisation et ses attractions en deçà des standards Disney.
Les Walt Disney Studios, une construction sous pression économique
Retour en arrière. En 1987, le PDG de Disney, Michael Eisner, et le Premier ministre français, Jacques Chirac, signent l’arrivée de Disneyland en France. Ce dernier ouvre en avril 1992. Mais le contrat impose la construction d’un second parc dans les dix ans. Disney annonce en 1995 les Disney-MGM Studios, un parc sur le thème du cinéma. Mais le premier parc peine à être rentable, les coûts de gestion sont trop élevés et les visiteurs ne dépensent pas autant que prévu. Face à cette crise financière, le projet du second parc est retardé, revoit ses ambitions à la baisse et est réduit à 27 hectares, soit la moitié de son voisin. Renommé les Walt Disney Studios, il ouvre en mars 2002.
L’accueil du public est mitigé. Avec seulement dix attractions, dont seulement deux manèges et de grands bâtiments bétonnés en guise de décors, le parc déçoit. Passé l’euphorie de l’ouverture, la fréquentation s’effondre rapidement Disney doit réagir. Le sursaut viendra avec l’ouverture en 2007 de Crush’s Coaster, un spinning coaster inspiré du film Le Monde de Némo. Mais c’est en décembre de cette même année que les Studios trouvent leur attraction phare avec La Tour de la Terreur, une tour de chute de 61 mètres inspirée de La 4ème dimension, qui rencontre un succès fou. Grâce à cette tour, les Studios ont enfin leur monument emblématique, à l’instar du château dans l’autre parc. Notons aussi l’ouverture de zones Toy Story et Ratatouille dans les années 2010. Grâce à ces nouveautés, l’affluence du parc grimpe de 2 millions de visiteurs en 2005 à 5,3 millions en 2018. Mais ce n’est qu’un début: Disney annonce ce fameux plan sauvetage à 2 milliards.
Une rénovation qui s’étale sur plusieurs années
En plus de cette fameuse extension ouverte fin mars, le plan comprend la rénovation des espaces historiques des Studios et l’ouverture de trois nouveaux lands: une zone Avengers (inaugurée en 2022 et qui est une rethématisation d’un quartier qui date de l’ouverture), le land La Reine des Neiges, (similaire à celui déjà existant à Disney Hong Kong) et une zone Le Roi Lion, dont l’ouverture est prévue à l’horizon 2028. Le parc va ainsi quitter le thème du cinéma pour arborer celui des licences populaires Disney, beaucoup plus vendeur. En découle alors ce changement de nom : Disney Adventures World. Un nom plus commun, plus fourre-tout, qui montre bien la direction générale que prend le parc. Une évolution qui s’accompagne, pour les visiteurs, d’une hausse du tarif des billets.
Les fans sont mitigés
Le scepticisme demeure dans la communauté des fans. Si tous saluent cette extension, beaucoup déplorent qu’elle reste très grande et très vide. Ils regrettent aussi que le parc conserve ses problèmes de cohérence entre les zones. Certains auraient préféré un changement plus radical, comme dans d’autres parcs Disney ayant connu une rénovation majeure.
Cette extension constitue tout de même une base pour la suite ; il reste plusieurs années de chantier et de nouvelles attractions à venir, mais pour Disney Adventure World, la zone La Reine des Neiges représente une étape supplémentaire, comme le dirait la princesse Anna, vers son renouveau.
