70° Festival de Locarno : Mathieu Kassovitz sur la Piazza Grande

Sur la Piazza Grande, le 5 août, Mathieu Kassovitz a présenté son dernier film. Un mélange de boxe et de relations familiales.

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Samedi soir, c’est un Mathieu Kassovitz très enjoué qui s’est présenté sur la scène de la Piazza Grande. Dès son arrivée, l’homme à la fois réalisateur (La Haine) et acteur (Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain), son verre à la main, a installé une ambiance très décontractée. Quelques piques lancés à ses collègues, un verre bu cul-sec avant de recevoir son prix d’excellence Moët & Chandon, un smartphone utilisé afin de mémoriser l’événement, tels étaient les ingrédients apportés par l’acteur primé qui ont contribué à cette atmosphère bon enfant.

Alors que Kassovitz avait pour devoir de donner un petit discours sur la première projection mondiale de Sparring, à laquelle les spectateurs s’apprêtaient à assister, c’est avec humour qu’il avoua ne pas savoir quoi dire, improvisant par la suite des remerciements et anecdotes sur le film réalisé par Samuel Jouy. En bref, la Piazza Grande, on l’aime, et encore plus quand les acteurs y viennent un peu éméchés (le Moët & Chandon avait du couler à flot en coulisses…).

Après cette joyeuse introduction, qu’en était-il du film lui-même ? Celui-ci nous invite dans l’univers de Steve, un boxeur père de famille, qui après une carrière déjà bien entamée n’a pas souvent gouté au plaisir de la victoire. C’est alors qu’il est engagé pour faire le sparring partner d’un très grand boxeur, une place difficile à prendre et qui n’enchante pas la totalité de ses proches, mais qui, malgré tout, vient sauver ses problèmes financiers. Elle sera alors la dernière occasion pour lui de briller sur le ring, mais surtout auprès de sa famille. Une relation qui sera particulièrement développée dans le film.

C’est avec simplicité que Samuel Jouy nous raconte une histoire prenante, mais aussi divertissante avec quelques touches d’humour bien ajustées. Au-delà de l’histoire, le jeu d’acteur est intéressant, si bien maitrisé par Mathieu Kassovitz qui endosse le rôle de Steve à merveille. Il s’est par ailleurs trouvé une nouvelle vocation dans la boxe. Intéressant aussi puisque Souleymane M’Baye, boxeur professionnel, n’est pas acteur. Il témoigne alors avoir été conseillé sur son jeu d’acteur par Kassovitz, et lui à son tour à propos de sa boxe. Le personnage de la fille de Steve est quant à elle très attendrissante. Une relation père-fille est développée sous un angle tout à fait lucide. Sparring nous fait sourire, parfois rire, et a su animer la Piazza Grande pour sa 70ème édition à Locarno.