« L’Optimisme de la volonté » et le Festival du Film Vert

Du 2 Mars au 9 Avril, le Festival du Film Vert se déroule partout en France et en Suisse Romande. Réunissant des sujets divers allant de l’écologie à la politique verte, cette opportunité d’en apprendre plus sur les enjeux environnementaux courants ainsi que sur les mouvements et les solutions est incontournable pour ceux qui s’intéressent à l’écologie.

Ce Mercredi, je suis allé à une séance intitulée « l’Optimisme de la volonté », un film du philosophe Suisse Jean Ziegler au Pôle Sud à Lausanne. A première vue, il semble étrange de choisir de montrer un film qui n’a rien à voir avec l’écologie pour un festival de films verts, mais il n’est pas surprenant. Quoi qu’on en pense, le mouvement écologique est inextricablement lié au concept de justice sociale. En effet, c’est l’un des quatre piliers de la politique verte, ce qui explique ce choix de film.

Si on peut éventuellement critiquer Jean Ziegler sur plusieurs points, sa passion pour la justice n’en est pas une. Philosophe et sociologue socialiste, il est connu dans la politique Suisse depuis 1963 en tant que membre du conseil municipal de Genève et aussi du Conseil National dès 1983. En 2000, il a été nommé rapporteur spécial pour le droit de l’alimentation et se fait connaître pour sa phrase: 

Un enfant qui meurt de faim est assassiné.

 

« L’Optimisme de la volonté » se déroule en 2015, alors que Ziegler est membre du comité consultatif du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies. Les scènes se juxtaposent entre sa visite à Cuba et son travail à l’ONU, ce qui crée un contraste intéressant et maintient le rythme du film.

Au Cuba, Ziegler se réjouit de parler de la révolution, du « monstre capitaliste » et de son héro Ché Guevara. A l’ONU, il doit adoucir ses discours pour pouvoir faire son travail, même si quelques commentaires par rapport aux fonds vultures lui échappent quand même.

La plupart du film consiste en des monologues de Ziegler, qui sont un mix de nostalgie socialiste du siècle précédent, de lamentations sur la situation politique actuelle mais aussi d’espoir pour le futur. La normalisation des rapports diplomatiques entre les Etats Unis et Cuba est indicatif de la possibilité d’un nouveau départ pour la gauche internationaliste venant de l’Amérique Latine.

A la Havane, Ziegler semble être, malgré son espagnol incertain, dans son élément: on dirait presque que la révolution Cubaine a eu lieu l’année dernière et non il y’a soixante ans. Son enthousiasme n’est pas partagé par tous les cubains par contre et il se lamente quand il remarque qu’il n’y a pas de photos de Fidel Castro dans les rues.

Si le monde a changé depuis les années ’60, on constate très vite que Ziegler reste lui fidèle à lui-même. Certaines remarques sont si surprenantes que le directeur du film, un ancien étudiant du philosophe, se sent obligé d’intervenir. A un moment, Ziegler défend le manque de liberté de presse à Cuba en disant que c’était nécessaire pour la révolution et que l’alternative était les événements au Chili avec Pinochet, un dictateur de droite.

Dans une autre scène, Ziegler remarque une citation de Lenine devant une coopérative: « La confiance c’est bon, le contrôle c’est mieux. » Quand le réalisateur lui demande ce qu’il en pense, il lui répond en paraphrasant Rousseau:

La liberté opprime, la loi libère.

Dans un monde qui redécouvre le nationalisme de droite qu’on pensait avoir abandonné il y a longtemps, ce film est un rappel du temps où les courants de gauche dominaient les discours politiques. Ziegler n’est pas de notre temps, mais parmi ses monologues nostalgiques on trouve de l’espoir pour un avenir plus juste, et rien pour cela ce film vaut la peine d’être vu.

Le 12ième Festival du Film Vert se déroule du 2 Mars au 9 Avril dans 44 villes de la Suisse Romande et la France. Visitez le site du festival pour en savoir plus.