Ahmed a changé… son spectacle aussi.

La petite scène du théâtre du Pommier à Neuchâtel accueillait, ces vendredi 11 et samedi 12 mai, un artiste avec un grand A.  Je vous propose une légère immersion dans le spectacle en rodage d’Ahmed Sylla!

Après avoir débuté dans l’humour sur l’émission “On ne demande qu’à en rire”,  monté son premier spectacle, plié de rire tout le public du Marrakech du rire, renversé tout le SNL France avec Gad Elmaleh, sorti son premier film au grand écran, tourné sa première série (bientôt disponible sur la chaîne C8) sur le moins grand écran, Ahmed remonte sur scène pour un spectacle… Différent (est-ce que le titre de ce nouveau numéro se cacherait par ci par là, on ne sait pas… suspense) !

Samedi 12 mai 20h30, le théâtre du Pommier est quasi plein mais 7 spectateurs (dont moi) ne sont toujours pas montés, car ils attendent la confirmation du directeur pour savoir s’il y a encore des places disponibles. Ces quelques cruches – moi le premier – ont oublié de réserver en avance… Cinq minutes plus tard, nous sommes tous confortablement assis sur nos chaises à attendre l’arrivée de l’artiste. L’avantage du théâtre c’est qu’il n’y a pas la demi-heure de pub avant que le spectacle commence –  contrairement au cinéma – donc tout le monde fait silence, et que la lumière soit !

Je n’ai pas trop envie de vous spoiler toute la pièce, car je sais que moi-même je n’aimerais pas que l’on me donne trop d’informations, si quelqu’un d’autre était entrain d’écrire cet article. Laissez-moi en dire quelques mots de manière globale : tout d’abord, ce n’est pas son spectacle abouti : il est en rodage. C’est à dire que ce n’est qu’une ébauche, un brouillon (ce qui l’a rendu on ne peut plus unique).  C’est sûrement pour cela qu’Ahmed a choisi de jouer dans des petites salles, sans faire trop de promotion, se coupant un peu des réseaux sociaux pour ne pas trop attirer l’attention. Qui dit nouveau, dit différent. Qui dit différent, peut dire séparation, et qui dit séparation, dit frontières, qui est le fil rouge qu’à décider de suivre Ahmed. Toutes les frontières que notre société a elle-même créé sont abordées et traitées dans le plus grand des calmes, sans pour autant franchir quelconques limites. Jamais il n’y a eu une “blague de trop”, ni de moment gênant, car on ne sait pas si l’on doit rire de cela ou pas. Plutôt bien maîtrisé pour un spectacle en rodage. Enfin, mis à part les petits trous de texte qui se sont vite transformés en scène d’improvisation d’anthologie. Ahmed possède en effet cette rare capacité à faire passer l’impro pour de l’écrit. Il était dans son élément, il nous a faire rire d’un bout à l’autre, ce qui est dur pour un show en devenir.

Je ne souhaite pas en dire plus, car ce serait gâcher son travail que de vous le dévoiler noir sur blanc comme cela. Je vais simplement conclure avec mon avis, qui doit sûrement vous sauter aux yeux : j’ai A-DO-RÉ ! Il m’est donc difficile de trouver des défauts à son spectacle. Les seuls que je puisse constater c’est que je ne suis pas venu accompagné (ce qui change un peu l’ambiance dans laquelle j’ai vécu la scène), l’homme devant moi était beaucoup trop grand et quelque fois Ahmed ne parlait pas assez fort. Je n’ai rien à redire quant à l’écriture de son One Man Show. Je vous invite fortement à vous faire un avis par vous-même.

Je vous laisse donc avec la petite photo souvenir à laquelle j’ai eu droit, accompagnée d’un câlin et d’une petite discussion.

Par Daniyal Baheri