AWOLNATION renverse la scène lausannoise (et son public)

On les connait surtout pour leur titre « Sail » qui nous fait trembler avec ses basses puissantes mais le groupe AWOLNATION a plus encore à nous offrir.

C’est aux Docks qu’ils se sont produits ce mardi 10 avril. Cette salle de concert intimiste et bien aménagée permet vraiment de découvrir les artistes de manière humaine. En effet, nous étions aux premiers rangs avec une vue imprenable sur tous les membres du groupe et surtout sur le chanteur, Aaron Bruno, qui a brillé par son charisme et ses mouvements de danse en communion avec les titres. Il vivait sa musique intensément, fermait les yeux, incitait la foule à sauter, à danser, à « être soi-même », tel un gourou avec son t-shirt vintage jaune délavé qui rappelle les skateurs de Venice Beach. Après tout, c’est de là qu’ils viennent.

En effet, AWOLNATION est un groupe américain de Los Angeles. Formé par le chanteur, ils ont immédiatement connu le succès avec leur titre Sail, sorti en 2011. Ce titre sera le tremplin de leur carrière musicale : on les retrouve dans trois albums remplis de titres électro-rock très énergiques. On notera aussi leur polyvalence musicale, puisqu’ils ont composé un titre pour la bande-son de Fifty Shades Of Grey. 

Le chanteur, Aaron et le pianiste dans le fond

AWOLNATION à Lausanne

Aux Docks, AWOLNATION nous a mené dans un roller coaster musical entre titres très rock sur lesquels danser en se lâchant complètement et ballades électro plus douces et émotionnelles. Les jeux de lumières étaient aussi très réussis : la salle était parfois plongée dans le noir pendant quelques instants et le public restait suspendu, reprenant sa respiration, avant que les guitaristes aux looks déjantés reprennent un riff endiablé et que l’on recommence à danser avec encore plus d’intensité. L’alchimie entre les membres du groupe faisait plaisir à voir : le guitariste et le bassiste se retrouvaient souvent à jouer face à face, avec un sourire complice.

Le public était hétéroclite, des gens de tout âge, des couples, des groupes d’amis, filles et garçons. Scène touchante : devant nous, un jeune garçon métalleux aux cheveux longs et au regard fuyant est venu avec sa mère. Il n’esquisse aucun mouvements de danse mais garde les yeux rivés sur le groupe avec fascination. C’est ça au final qui fait le charme d’aller écouter les artistes en live : découvrir leur public et voir la relation unique et forte qui unira toujours les fans aux musiciens.

Un dernier mot sur une première partie plus douce : le groupe « Eliza and The Bear » composé de quatre londoniens nous ont proposé un concert d’indie-pop. Ce concert était plaisant (leur ballade “It gets cold” vaut le détour), même si les titres se ressemblent un peu. On les imagine aussi mieux sur la scène d’un festival estivalier que dans une salle sombre.

La batterie avec le logo du groupe

Le concert se termine avec Sail. Évidemment. L’excitation est palpable mais finalement, petite déception, le titre ne rend pas autant bien live que la version studio. Le chanteur est généreux dans son art comme dans ses gestes : il conclut en nous lançant des roses et les musiciens nous offrent également leurs accessoires. On ressort du concert essoufflés et sous le choc du moment puissant que l’on vient de vivre, heureux d’avoir découvert ce groupe talentueux qui transmet une réelle proposition artistique. 

 

AWOLNATION sera encore en tournée en Europe jusqu’au 25 avril.

Leur dernier album sorti en février “Here Comes The Runt” est disponible à l’écoute partout.

Par Caroline Lot, avec l’aide de Fanny Cheseaux