Congo Natty à l’Usine: le reggae toujours en vie, la jungle pas trop

Ce samedi a vu le retour de la jungle et du reggae à l’Usine de Genève. Ça fait plus de 60 ans que le dub et la reggae sont nés et il semble que cette musique n’a aucune intention de reculer dans les annales de l’histoire. Malheureusement, on ne peut en dire autant de la jungle.

Avant que je continue, je devrais vous avertir que la jungle a une place spéciale dans mon coeur. C’est le premier genre de musique électronique que j’ai vraiment apprécié, grâce à ses batteries frénétiques, ses vocaux ragga captivants et ses basses suffocantes.

J’étais donc déçu de rentrer dans le Zoo et d’entendre du ragga drum & bass, l’enfant bâtard de cette musique que j’aime tant. La ragga drum & bass partage beaucoup des caractéristiques de la Jungle, mais sans sa subtilité. Les artistes de ce genre se contentent de superposer un rythme drum & bass sur des chansons reggae classiques – l’esprit pionnier des artistes jungle des années 90s, qui cherchait surtout à créer des sons intéressants, est absent dans ce genre.

La tête d’affiche de la soirée était Congo Natty, ‘l’original junglist daddy’ selon les promoteurs. Ils n’ont pas tort. Mais peu de personnes savent qu’avant de se lancer dans la musique électronique il faisait de la musique pop sous le nom de Rebel MC.

C’est néanmoins sous le nom de Congo Natty qu’il a vraiment eu du succès, mais beaucoup de choses ont changé depuis les années où la jungle dominait les radio pirates en Angleterre. Les dernières chansons qu’il a publié en 2014 ressemblaient beaucoup plus de la ragga drum & bass, sauf quelques exceptions qu’il ne jugea pas dignes d’être jouées à cette soirée. Ceci malgré le fait qu’il a joué quelques chansons grime, ce qui n’allait pas trop avec l’ambiance. Pour couronner cette performance, ‘l’original junglist daddy’ insista pour faire un rewind de chaque chanson (si vous ne savez pas ce que c’est, voyez à 1.12 de la video en dessous). Je peux comprendre qu’on le fasse pour quelques chansons, mais après la cinquième fois, ça commence à être agaçant.

Si Congo Natty a réussi à prouver que la jungle classique est belle et bien morte, au moins Ubik et Skankin Society Sound Systems dans les deux autres scènes n’ont pas fait de même pour le reggae. Néanmoins, j’espère voir un jour un artiste qui pourra me prouver le contraire pour que je puisse dire que la jungle n’a pas vu ses derniers jours.