Le retour passionné de Catherine Ringer

Les Docks à Lausanne accueillaient ce samedi 2 décembre la grande Catherine Ringer pour célébrer la sortie de son deuxième album solo “Chroniques et fantaisies”.

S’il émane une atmosphère réflexive et apaisée de ce nouvel opus, ce n’est sûrement pas l’ambiance de ses concerts et ce n’est pas non plus ce que son public vient y chercher…

Catherine Ringer n’est pas une bête de scène: c’est une scène à elle toute seule. Cela n’empêche pas la femme-spectacle de s’entourer de musiciens d’exception (Noel Assolo à la basse, Nicolas Liesnard aux claviers, Paul Pavillon à la guitare, Franck Amand à la batterie) pour prouver qu’elle est toujours la plus puissante, la plus belle et la plus dingue des chanteuses françaises.

En entamant la soirée avec “Senior”, Catherine Ringer nous montre qu’à tout juste soixante ans, rien ne l’empêche de danser comme si elle en avait 23, âge auquel Fred et elle se sont annoncés sous le nom de Rita Mitsouko pour la première fois, au Gibus à Paris.

Fred Chichin, c’était l’autre moitié des Rita Mitsouko, mais aussi celui avec qui Catherine partageait sa vie jusqu’à son décès le 28 novembre 2007 d’un cancer foudroyant. L’âme du guitariste plâne toujours incontestablement sur tous ses concerts. Dix ans après, c’est d’une grande émotion qu’a été saisie la salle en écoutant “Tristessa”, le poème de la chanteuse à son compagnon. Qui mieux qu’elle peut nous expliquer que la vie est toujours belle alors qu’elle chante “Méchamment le temps nous sépare, mais répare aussi ma vie” avec sa sincérité et sa puissance habituelle.

 

Le groupe a enchaîné les nouveaux morceaux, quelques pépites de “Ring’n’roll” (premier album solo de Ringer en 2011) et bien sûr les classiques tant attendus du public nostalgique, de “Marcia Baila” à “Andy” en passant par “Singing in the shower”.

Fidèle à elle-même, Catherine Ringer nous balance avec grâce une énergie, une joie de vivre et un talent fulgurant à la figure. C’est la musique dans ce qu’elle a de plus entier, de plus total, qui nous arrache au temps qui passe et nous fait danser avec (cool) frénésie jusqu’au bout de la nuit!

Catherine n’a pas déçu ce soir-là. Elle nous a rappelé comme elle sait si bien le faire qu’il suffit d’avoir la rage de vivre et un sacré grain de folie pour atteindre la beauté.

Après cette unique date suisse, la tournée se poursuit en France du 13 au 19 décembre puis au printemps prochain…A défaut de pouvoir aller danser, chantez au moins sous la douche!

Par Céline Feugier