Locarno : Être un festivalier

Être un festivalier à Locarno, c’est une aventure différente chaque jour…

filmfestival

Mais qu’est-ce qu’il y a à voir aujourd’hui? Le festivalier de Locarno commence toujours par une tâche ardue : faire des choix. Des choix difficiles, car parfois, trois films qui l’intéressent tombent en même temps. Et ensuite, rien de trépidant alors qu’il aurait le temps ! Ou encore ce film dont tout le monde parle passe pour la dernière fois à 9h00, est-ce que ça vaut vraiment la peine de se lever si tôt ?

Puis le choix est fait, le festivalier se lève et va voir ce fameux film. Il en ressort éblouit, et en parle à son tour tout autour de lui. Un premier sentiment de satisfaction.

Pris alors par un élan de motivation, il continue sa route et va voir une de ces fameuses rétrospectives ! Un film de Godard, une valeur sûre. Le festivalier, au bout de 15 minutes, s’endort. Repris par quelques sursauts, il assiste tout de même au film et a le temps de culpabiliser. Un film de Godard, c’est pas possible de s’endormir ! Mais qu’est-ce que le siège est confortable…

Pour se consoler, il s’accorde une pause une fois le film fini et s’en va chercher quelque chose à se mettre sous la dent. Mais à nouveau, il se retrouve devant un tas de choix. Trop de stands, trop de restaurants, et puis il n’a pas beaucoup de temps, il est loin de la prochaine salle de projection. Et celle-là, il ne faut pas la louper, elle ne repassera plus !

Finalement comblé par une de ces fameuses brochettes, le festivalier reprend son vélo et pédale de toutes ses forces pour arriver à temps devant la salle. Il y croit, même si ses jambes lui supplient d’arrêter ça. À peine le temps de poser son engin qu’il se voit assister à un défilé de personnes déçues et grognant sur la petite capacité de la salle. En effet, une centaine de personnes s’étaient retrouvées face au fameux panneau « Sold out ». La déception s’éprend de lui. Dirigé par son sentiment de frustration, il s’embarque pour la Rotonda où il trouvera de quoi le faire patienter jusqu’à la fameuse projection de la Piazza Grande : cocktails, musique, nourriture des quatre coins du monde, de quoi se remettre d’aplomb !

Le soir venu, la grande place est pleine. Le réalisateur ainsi que les acteurs du film attendu montent sur la scène, le festivalier des étoiles plein les yeux. Puis le film commence, et le public de 8000 personnes amène une certaine ambiance qui ne le laisse pas indifférent. Cette fois, c’est bon. Le festivalier a compris. Le festival de Locarno, avec toutes les satisfactions et déceptions qu’il contient, nous fait avant tout ressentir des émotions, tellement d’émotions en une seule journée, qu’on a envie d’y rester jusqu’au bout de la nuit.