Retour surprenant pour les Arctic Monkeys

Attendu depuis cinq ans déjà, le nouvel album du groupe Arctic Monkeys “Tranquility Base Hotel & Casino” est sorti vendredi. Depuis quelques mois, la promotion de cet album promet des sonorités nouvelles, qui ne ressemblent pas aux autres albums du groupe.

Pour faire un petit retour en arrière, le groupe Arctic Monkeys est un groupe de rock indépendant britannique, formé en 2002 à Sheffield. N’ayant aucun lien avec le monde de la musique, ils se font connaître grâce à la plateforme communautaire MySpace. Ils ont maintenant sorti six albums, comprenant des tubes planétaires comme Fluorescent Adolescent, Do I Wanna Know, Dancing Shoes ou encore Crying Lightning. Leur dernier album en date est AM, sorti en 2013. Après cinq ans d’attente, les fans du groupe de rock le plus populaire du monde ont pu mettre la main sur Tranquility Base Hotel & Casino.

Alex Turner disait déjà en 2014 qu’il comptait faire quelque chose de nouveau avec ou sans le projet Arctic Monkeys. On sent évidemment dans cet album une prise de risques énorme. Le fait qu’un groupe de cette ampleur décide de changer de direction prouve un certain non attachement à l’attribution d’étiquettes que pourraient leur donner les médias ou même leur public. Ce qui en soi est très respectable, surtout dans le monde de la musique.

A la première écoute, on sent une grosse influence entre pop vintage et pop psychédélique avec des sonorités très mélancoliques. Le son en soi n’est pas désagréable. Il est même extrêmement travaillé. Mais le problème est peut-être le fait que ce genre musical s’est déjà implanté dans le monde de la musique indie depuis longtemps. On peut prendre comme exemple des artistes comme Tame Impala, Mac DeMarco, ou encore MGMT, qui surfent sur la vague de la pop psychédélique depuis maintenant plusieurs années. Cette direction artistique était surement voulue par le groupe, mais ne surprend pas plus que ça, faute de timing peut-être.

Un autre point faible de cet album est le fait que cet usage de nouveau “genre” fait qu’il tourne vite en rond. Peu de chansons rythmées viennent casser la mouvance de “balades jazzy mélancoliques” de l’œuvre, ce qui nous donne l’impression de réécouter plusieurs fois les mêmes chansons.

Mais ce dernier point faible ne peut finalement qu’être le plus grand point fort de l’album. On sait que leur maison de disques Domino Records ne voulait pas sortir de single pour la promotion de l’album car ils considéraient qu’aucun titre n’était forcément meilleur qu’un autre. Et cela donne donc une cohérence harmonieuse dans la construction de l’album. Le fait que toutes les chansons de l’album forment une seule entité rend les écoutes de cet album intéressantes à chaque fois. Chaque nouvelle écoute provoque une émotion différente, on remarque des éléments qui nous ont échappé la fois d’avant, alors que certaines mélodies et rythmes restent en tête.
C’est un album qui s’écoute en entier et qui ne peut être divisé ou désordonné. Malgré ses quelques points faibles, chacun doit se faire son avis sur cet album, quitte à l’adorer ou à le détester.