Star Wars : Les Derniers Jedi – Résultat mitigé

L’épisode 8 de la saga Star Wars débarque ce mercredi 13 décembre dans les salles de cinéma. Après un premier volet très moyen sorti il y a deux ans (épisode VII), cette troisième trilogie peine à égaler les deux premières. La guerre des étoiles aurait-elle dû s’arrêter il y a 12 ans ? Il reste encore un film pour sauver la mise. Voici notre critique de The Last Jedi.

C’est avec une attente immense que je me suis rendu à la projection presse du film lundi matin aux Galeries à Lausanne. Deux ans après Le Réveil de la Force, la saga mythique de Star Wars continue (si l’on ne compte pas le spin-off Rogue One, sorti en 2016). Cet épisode ne plaira certainement pas à tout le monde, mais il a le mérite de ne pas être un copier-coller d’un ancien volet, critique la plus mise en avant de l’épisode 7. À noter que Les Derniers Jedi est le premier Star Wars à commencer directement après le film précédant, et non quelques années après.

On y retrouve enfin le Jedi Luke Skywalker, parti en exil après avoir raté la formation de son neveu Ben Solo, alias Kylo Ren. Luke se trouve être un vieux grincheux, obstiné à ne pas vouloir revenir aider la Résistance dans la guerre contre le Premier Ordre, recalant la jeune Rey plusieurs fois. Ces moments où la jeune héroïne tente tant bien que mal de se faire accepter par la légende de la Rébellion sont particulièrement drôles, Luke s’étant trouvé un don de comique après avoir fait chuter l’Empire.

Luke Skywalker est plus vieux, plus gros et plus drôle qu’à l’époque.

De leur côté Finn est Poe se retrouvent au milieu d’une bataille spatiale de grande envergure, face au vaisseau du Suprême Leader Snoke. L’ancien stormtrooper part alors avec une jeune fille appelée Rose sur une planète où habitent des personnes de haute classe sociale, avec une très belle ville et un très beau casino. On y découvre une nouvelle faune et une nouvelle flore de l’univers Star Wars, et c’est l’un des points forts du film, avec des créatures immondes ou très mignonnes (comme les espèces d’oiseaux-hamsters qui peuplent la planète de Luke, et qui se lient d’amitié avec Chewbacca). Autre point positif : le visuel. Cet épisode est beau, très beau même. Tant les planètes que les batailles spatiales nous plongent dans un univers très riche, on sent qu’on regarde un Star Wars.

Le Porg, oiseau originaire de la planète Ahch-To.

Seulement voilà, plusieurs points m’ont déçu dans ce huitième épisode. D’abord la temporalité, tout le film se déroule sur une période de 3-4 jours, ce qui au final fait qu’il ne se passe pas grand chose dans ce film. Luke et Rey d’un côté, Leïa et Snoke de l’autre, puis une bataille finale et c’est tout. On a l’impression de ne pas avancer dans l’histoire.

Autre problème selon moi : la Force. On y donne beaucoup trop de pouvoir, Kylo Ren et Rey se parlent par télépathie d’un bout à l’autre de la galaxie, Leïa en fait usage pour se déplacer dans l’espace (depuis quand la Princesse Organa sait-elle manier la Force ?) et la scène finale (qui j’avoue est quand-même vachement badass). Bref, on se perd un peu, surtout sachant que même Yoda n’avait pas ces pouvoirs et que Luke a galéré dans sa jeunesse pour sortir un X-Wing de l’eau.

Enfin, un point crucial et pas cohérent. C’est une critique que j’avais faite également après l’épisode 7 : mais que fait la Nouvelle République ? On ne la voit pas, elle est à peine mentionnée, alors que la Résistance est en train de couler, et que des types avec des sabres lumineux se tapent dessus quand même assez fort en prônant l’ancien Empire. La politique est complètement absente de cette nouvelle trilogie, et c’est bien dommage puisque c’est ce qui m’avait fait apprécier la prélogie et la série animée The Clone Wars. Les réalisateurs semblent être fans des premiers films, puisque on y fait tout le temps allusion par exemple avec la Résistance, qui est en gros une Rébellion 2.0, les mêmes X-Wings 30 ans après, et même la petite touche de fan service avec l’apparition sous forme de fantôme de Yoda (version trilogie originale, donc pas très joli le vieux vert). Je n’ai noté que deux allusions aux épisodes 1-2-3, l’emblème de l’Ordre Jedi, et le mot “Sith” prononcé par Kylo Ren.

Deux évènements cruciaux que je ne vais pas spoiler m’ont également laissé perplexe. À voir donc dans deux ans avec le prochain volet qui terminera cette trilogie (alors qu’une quatrième est déjà annoncée), mais après avoir eu un Rogue One somptueux l’an dernier, je m’attendais à mieux pour cet épisode 8. J’ai de la peine à m’attacher à Rey à Finn ou à Kylo Ren pour l’instant. L’attente sera longue, mais on pourra se mettre un deuxième spin-off sous la dent en 2018 pour patienter, avec un film centré sur le personnage de Han Solo.