Mystérieux vol dans les bus et métros lausannois

Les Transports publics lausannois ont été victimes d’un vol de grande envergure dans la nuit de vendredi à samedi.
Les habitants de la ville de Lausanne étaient en émoi ce matin : ce que les internautes ont déjà surnommé « le mystère des barres des TL » était dans toutes les conversations des citadins vaudois, du marché de la Riponne aux quais d’Ouchy, du guet de la Palud en passant par le café du Simplon. Toute la population ne parlait que de ça.
Les habitants de la mégapole vaudoise ont en effet eu une drôle de surprise ce matin en rentrant dans leurs transports publics habituels. Plus une seule barre n’était à sa place. Les bus et métros lausannois étaient vidés d’endroits pour se tenir.
Ces barres, qui sont l’exosquelette du bus, entre lesquelles se faufilent les conversations, derrière lesquelles se cachent des regards, ces phares dans la nuit du déséquilibre, ces piliers salvateurs pour les fêtards imbuvables, ces platanes contre lesquels s’écrasent les maladroits, ces colonnes rassurantes pour l’employé de bureau qui tremble dans la froideur d’un matin d’hiver, ces lits verticaux que les écoliers bénissent de leurs rêves entre deux arrêts, ces éléments essentiels des bus lausannois ont donc disparu, probablement victimes d’un vol dans la nuit de vendredi à samedi.
Cette absence de barres a été un choc pour bon nombre d’usagers. La plupart étaient sur le cul à peine entrés dans le bus, d’autres sont tombés à la renverse en apprenant la nouvelle. « Ce délit odieux a donné lieu à des scènes inhabituelles de déséquilibres et de chutes, affirme le porte-parole des TL, contacté par la rédaction. De nombreuses personnes ont dû agiter les bras en faisant des petits ronds dans l’air avec les mains pour essayer de se rattraper. Ça a été une dure journée pour tous les Lausannois. » Les urgences du CHUV sont d’ailleurs débordées par les cas de blessures légères dues aux chutes.
Lors du point presse organisé en urgence, le directeur des TL Michel Joye tirait la gueule. Il raconte une matinée dont il se serait bien passé : « c’est Jean-Pascal Dussey, le brave conducteur de la ligne 4, qui m’a averti lorsqu’il a commencé son service ce matin à 5h. Il a constaté le vol en entrant dans son véhicule. Nous avons rapidement appelé les chauffeurs des autres lignes mais c’était inutile, tous étaient face au même problème. » Le voleur avait sévi sur toutes les lignes. Le directeur continue : « il fallait réagir. Prendre une décision rapidement. Nous avons d’abord voulu installer des barres de rechange mais nos entrepôts ont également été vidés dans la nuit. Je pense que nous avons affaire à un groupuscule terroriste très organisé et qui avait prémédité son crime. Cela pourrait très bien être un coup de Boko Haram, Occupy Mon Repos ou encore les TPG qui ont de bonnes raisons de nous en vouloir. »
« Les pistes sont multiples, ajoute l’inspecteur-chef Panchaud. Tout semble indiquer qu’on a affaire à un voleur mais nos limiers ne rejettent aucune autre hypothèse. Cela pourrait très bien être un coup marketing de la Fédération suisse de Pole dance, un problème technique dû à l’âge avancé du matériel en question ou encore le résultat d’un chagrin d’amour d’un magicien. Quoi qu’il en soit, le responsable sera puni. »
Ne pouvant pas retarder l’ensemble du service, le comité a décidé pour le moment de maintenir les lignes. « Mais nous nous réservons le droit de stopper tout le trafic si cela doit permettre de trouver le coupable », ajoute, furieux, Michel Joye.
De son côté, la police a ouvert une enquête ce matin, dès qu’elle a été prévenue du vol. Le ministère public vaudois a tenté d’étouffer l’affaire mais devant l’ampleur du délit – et avec l’aide des réseaux sociaux – toute la ville était rapidement au courant. La police a d’ailleurs lancé un appel à témoin : toute personne ayant aperçu un individu à l’aspect louche, mal rasé, portant un bandeau noir avec des petits trous pour les yeux, une lampe de poche et transportant un baluchon avec des centaines de milliers de barres en métal dedans est priée de contacter la police.
 

Morale de l’histoire : Il ne faut pas confondre cambriolage prémédité et vol plané.
Écrit par Antonin Python