Plus de nucléaire pour une autonomie plus forte ?

Et si sortir du nucléaire donnait à la Suisse plus d’indépendance énergétique ? C’est l’un des arguments de l’initiative des Verts « Pour la sortie programmée de l’énergie nucléaire » qui sera votée le 27 novembre.

Les initiants rappellent que la totalité de l’uranium utilisé pour l’énergie nucléaire suisse vient de l’étranger. Quitter l’atome permettrait donc de prendre de la distance avec des pays comme le Niger, la Russie et les autres grands importateurs de nucléaire. Un joli programme.

L’autre camp rétorque. Il se demande d’où viendra l’énergie qui servira à remplacer les 40% qui nous viennent du nucléaire si on fermait les centrales. Est-ce qu’on ne ferait pas que déplacer le problème puisqu’on devra acheter de l’énergie sale à nos voisins européens ? La question se pose. D’autant plus qu’il est difficile d’envisager que les pays européens acceptent de vendre une partie de leur énergie renouvelable comme le voudraient les Verts. La transition énergétique serait donc plus polluante que la situation actuelle et la Suisse serait tout aussi dépendante de l’étranger.

hq720L’argument se tient, mais les initiants sont prêts à passer par cette phase difficile. Ils annoncent que 40’000 projets décentralisés attendent un financement de la part de la Confédération. Ces projets promettent de produire plus que les centrales nucléaires actuelles et une autonomie énergétique plus forte à long terme. La transition énergétique obligerait le Conseil fédéral de se tourner enfin vers ces solutions renouvelables qui permettraient au final à la Suisse de s’auto-suffire en énergie. Si l’initiative est acceptée, le rôle des dirigeants sera de faire passer les projets renouvelables en priorité pour que la période de transition soit la plus courte possible.

Avec cette initiative, les Verts misent sur l’avenir. D’accord le pays passera certainement par une phase difficile, mais le but est qu’il en ressorte avec une plus grande autonomie et avec un système énergétique plus propre.