Gimball, guibolle, Bengale et compagnie

Dimanche dernier, une fois n’est pas coutume, nous avons parlé technologie, et plus précisément de Gimball, lors de la Mensuelle de la Rédac’. Découvrez ce qui se cache derrière ce nom si mystérieux…
Gimball fait penser à un jeu de balles, au nain Gimli dans Le Seigneur des anneaux, aux guibolles au bout desquelles nous trainons nos petits corps fatigués ou encore au tigre du Bengale, mais en aucun cas à un robot. Pourtant, c’est bel et bien un robot ! Un petit robot, certes, mais un robot quand même. L’habit ne fait pas le moine et la taille ne fait pas la grandeur d’un homme ou, dans notre cas, d’un robot et Gimball confirme ce proverbe. Malgré sa petite taille notre ami peut accomplir de grands exploits.

Sa constitution légère et résistante lui permet d’accéder à des endroits qu’aucun homme ou autre robot ne peut atteindre. Gimball – ou l’un de ses successeurs, car il est le premier d’une longue lignée – pourrait, par exemple, investir les décombres d’un immeuble écroulé. Comment est-ce possible ? Tout simplement grâce à des collisions. Contrairement à ses cousins robots, Gimball n’a pas de capteurs. Ainsi il ne peut pas éviter les obstacles : ils les heurtent de plein fouet, mais cela n’est pas un problème. C’est même voulu !

Adrien Briod et Mariusz Kornatowski, ses inventeurs, confient s’être inspirés des insectes volants pour créer leur chef d’œuvre.  « Les insectes volants », raconte M. Briod dans une interview accordée au service de presse de l’EPFL, « gèrent très bien les collisions. Pour eux, les chocs ne sont pas vraiment des accidents, ils sont conçus pour les encaisser. » C’est en partant de cette idée de collision qu’il a crée son robot.

Pour lui permettre de résister aux chocs, les deux inventeurs ont équipé Gimball d’une cage sphérique et élastique, qui absorbe les chocs et permet de rebondir. A l’intérieur de cette sphère ils ont placé le corps du robot, qui est stabilisé par un système gyroscopique, composé d’un double anneau en fibres de carbone. Ce dernier maintient le robot à la verticale, lui permettant ainsi de garder son cap.

L’absence de capteurs lourds et fragiles, fonctionnant uniquement dans un environnement dégagé, confère à Gimball un avantage certain sur ses concurrents. Il peut évoluer beaucoup plus facilement dans des espaces accidentés. Equipé d’une caméra, il pourrait être d’une grande utilité aux secouristes lors des tremblements terre. Gimball serait-il le futur du secourisme ?
 Reportage avec interview des deux inventeurs du robot (© EPFL):

 
Écrit par Delphine Gasche