Rafroball: un sport suisse s’exporte aux USA

Une université californienne souhaite importer le rafroball dans ses locaux. Ce sport méconnu et typiquement suisse unit valides, handicapés physiques ou mentaux, enfants et hommes et femmes dans la même équipe.
« Les gens ont tendance à penser qu’on ne peut pas prendre du plaisir en jouant avec des handicapés. Le rafroball est la preuve vivante du contraire ! Y jouer, c’est l’adopter », s’exclame, convaincue, Cathy Mossier, entraîneuse du rafroVeveyse, au sud du canton de Fribourg. Ce sport unique, créé en Suisse, rassemble en effet dans ses rangs des joueurs de toutes conditions, valides, handicapés physiques ou mentaux, et de toutes générations.

Intérêt outre-atlantique
Et le concept semble intéresser outre-atlantique : aux Etats-Unis, une université californienne s’intéresse essentiellement aux sports de handicaps. Cathleen, joueuse américaine du «rafroVeveyse» et ancienne championne paralympique de basketball avec l’équipe nationale des USA, a entendu parler de cette école. Elle a donc pris contact l’année dernière avec l’institution dans la perspective de faire découvrir le rafroball en Californie, cet état friand de sports inédits. «Ce voyage ne sera réalisé qu’en 2014. Nous allons monter un projet afin de trouver quelques sponsors. Nous avons pour but de représenter tous les handicaps possibles, afin de montrer aux Américains que ce sport est ouvert à tous», détaille encore Cathy Mossier.

« Les quatre mots d’ordres du rafroball sont : fairplay, tolérance, respect et intégration », ajoute Cathy Mossier, non seulement entraîneuse et présidente mais aussi joueuse et «pousseuse» pour son fils Simon, polyhandicapé, qui ne peut se déplacer seul.« Il existe deux championnats en Suisse : une ligue fun, et une ligue sport, dont nous faisons partie. Nous avons notamment eu l’honneur de remporter le titre de champion de Suisse cette année ! », sourit l’entraîneuse.

Un sport d’origine suisse
Il y a une vingtaine d’années, quatre jeunes sierrois (VS), dont deux handicapés, ambitionnent de pratiquer ensemble une activité sportive. Ils se lancent alors dans l’adaptation de diverses règles de jeux de balle de manière à convenir à chacun des handicaps. Très proche du handball, le rafroball puise aussi ses règles dans le basketball et le football.

Le 16 novembre s’est déroulé un tournoi populaire à Châtel-St-Denis. Les différentes équipes pouvaient aligner quatre joueurs de champ et un gardien. Dans ces groupes ne pouvaient figurer que deux valides, qui devaient se déplacer en chaise afin d’avoir eux aussi un handicap !
Texte: Jonas Ruffieux de Tink Romandie. Photographies: DR.
Écrit par www.tink.ch